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Le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19 et la fin de la saison hivernale nous donnent des raisons d'espérer que nous parviendrons enfin à maîtriser ce virus et à rouvrir nos sociétés. Néanmoins, il semble que la stratégie de sortie de cette crise ne fera rien pour atténuer les inégalités existantes et pourrait même les exacerber. Cela est particulièrement manifeste dans l'inégalité d'accès aux vaccins entre les pays. Toutefois, on peut également le constater dans les différents niveaux d'accès aux aides gouvernementales dont disposent les différents types d'entreprises et les possibilités variables de télétravail qui existent dans les différents secteurs. Cette dernière question alimente également la disparité entre les travailleurs qui ont pu se protéger et protéger leur famille en faisant du télétravail et ceux qui ont dû continuer à se rendre sur leur lieu de travail, s'exposant ainsi à l'infection. Une autre conséquence très importante de cette crise sanitaire à laquelle nous devrons faire face à long terme est l'inégalité dans l'apprentissage causée par la fermeture des écoles et des établissements d'enseignement supérieur. Certains étudiants ne pourront pas récupérer les heures d'enseignement scolaire et universitaire qu'ils ont perdues, ce qui portera un préjudice irréversible à leur développement éducatif et contribuera à élargir davantage les clivages socio-économiques existants. Si l'on ajoute à ce défi la question de l'inégalité des revenus, qui a pris des proportions énormes pendant le lockdown, ainsi que les disparités fiscales croissantes, il devient évident que la crise de Covid-19 s'est transformée en une véritable crise sociale.

Les nombreuses divisions sociales croissantes que nous pouvons observer aujourd'hui sont là pour rester et deviendront encore plus urgentes lorsque nous sortirons enfin de cette crise sanitaire. En fait, la situation actuelle rappelle les conséquences de la crise économique et financière qui a frappé l'économie mondiale en 2008. Notre rapport Benchmarking Working Europe 2012 avait constaté que "les inégalités croissantes entraînent un sentiment croissant d'injustice et de manque de cohésion sociale à l'intérieur des pays et entre ces derniers, et en même temps, une perte de potentiel humain au sens large". Il semble que le même constat s'applique à l'époque que nous vivons. Toutefois, il existe une différence importante : en 2011-2012, les solutions préconisées par l'UE pour "sortir de la crise" ont contribué, dans la plupart des cas, à affaiblir les modèles sociaux nationaux et à aggraver les inégalités, alors que cette fois, il semble que les décideurs politiques, tant au niveau national qu'européen, adoptent une position différente, s'écartant des mesures d'austérité adoptées il y a dix ans (voir Benchmarking 2020).

À l'ETUI, nous avons récemment mené un exercice interne de "prospective" qui nous a permis d'identifier deux grands défis que nous devons relever en tant qu'institut si nous voulons rester pertinents à l'avenir. Le premier est le changement climatique et le second, les inégalités. La manière dont nous gérons ces deux défis - tant dans notre travail ici à l'ETUI que dans la société dans son ensemble - sera fondamentale dans les années à venir. L'ETUI est déjà impliqué dans de multiples projets de recherche sur le changement climatique et la transition équitable ; vous serez bientôt informés des premiers résultats de ces projets et des publications qui en seront issues. Et concernant l'autre grand défi des inégalités, nous pouvons d'ores et déjà vous informer que nous consacrerons le prochain rapport Benchmarking à ce sujet. Nous espérons sincèrement que d'ici là, les perspectives seront meilleures qu'en 2012.

Photo credits: ptrabattoni

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