Au cours du mois de septembre 2020, la Commission européenne (CE) devrait lancer le processus législatif concernant la quatrième révision de la directive sur les agents cancérigènes et mutagènes (Carcinogens and Mutagens Directive, CMD). L'ETUI, qui soutient la campagne "Stopper le cancer au travail", a préparé une note d’information visant à souligner l'importance d'inclure les médicaments dangereux (Hazardous Medicinal Products, HMP) dans le champ d'application de la directive.

Les HMP et, en particulier, les médicaments cytotoxiques, cytostatiques ou antinéoplasiques sont un groupe de médicaments qui contiennent des substances chimiques toxiques pour les cellules et qui inhibent la croissance et la multiplication de ces dernières. Ces médicaments sont utilisés principalement pour le traitement du cancer, mais aussi dans le cadre de pratiques non oncologiques, pour le traitement de maladies non cancéreuses telles que la sclérose en plaques, le psoriasis et le lupus érythémateux systémique.

Ces médicaments requièrent une manipulation individuelle pour chaque patient avant d'être administrés sous forme de perfusion ou d'injection en bolus. Cela peut entraîner des erreurs, des déversements, des blessures par piqûre d'aiguille et une contamination, qui présentent des risques évidents pour la santé des travailleurs affectés par le médicament par absorption cutanée et transmission par voie aérienne. Souvent, les effets de l'exposition peuvent être subcliniques et ne pas être évidents avant des années ou des générations d'exposition continue. Par exemple, comme le cancer met souvent des décennies à apparaître, un cas de leucémie diagnostiqué chez une infirmière ou un pharmacien aujourd'hui peut être le résultat d'une exposition sur le lieu de travail dans les années 1980. Alors que les patients reçoivent des doses concentrées d'un nombre limité de médicaments cytotoxiques pendant une période définie, les travailleurs peuvent être exposés à de petites doses d'un large éventail de médicaments dangereux pendant des décennies, certains travailleurs y étant exposés chaque jour, année après année.

Les HMP sont toutefois essentiels dans la lutte contre le cancer et d'autres maladies non cancéreuses ; c'est pourquoi l'obligation de substitution définie dans la DMC ne s'appliquerait pas aux HMP. L'inclusion des HMP dans l'annexe I permettrait la mise en œuvre d'une législation contraignante, y compris la prévention de l'exposition par des systèmes technologiques fermés, qui protège tous les travailleurs entrant en contact direct ou indirect avec ces substances.

Références :

Cancer à l'hôpital : le combat solitaire d'une infirmière pour défendre ses droits