L’ Organisation internationale de normalisation a récemment publié une nouvelle norme relative à la santé et à la sécurité psychologiques sur le lieu de travail. Cette norme ISO 45003 établit des lignes directrices pour la gestion des risques psychosociaux et permet aux organisations de contrôler leurs pratiques par rapport à ces directives.

Les risques psychosociaux couvrent tous les aspects de l'environnement de travail qui sont susceptibles de causer des dommages psychologiques, comme le stress lié au travail, la dépression ou l'épuisement professionnel. Parmi les exemples typiques, on citera le fait de devoir travailler dans des délais serrés, le manque de participation dans la prise de décisions, l'inefficacité de la communication ou des exigences contradictoires. Pour les organisations, les risques psychosociaux se traduisent par une augmentation des coûts résultant de l'absence du travail, de la réduction de la capacité à travailler efficacement, de l'augmentation de la rotation du personnel, mais aussi par une atteinte à la bonne réputation de l'organisation.

Cette nouvelle norme internationale a été conçue par un comité d'experts de 40 pays ; elle se veut pratique et facile à comprendre. Elle s'applique à toutes les organisations, indépendamment de leur taille et de leur secteur d'activité. La mise en œuvre de la norme ISO 45003 ne nécessite pas la création d'un département spécifique chargé de la santé et de la sécurité au travail ou des ressources humaines. Scott Steedman, Director of Standards à la British Standards Institution (BSI), a décrit cette nouvelle norme comme "un consensus de bonnes pratiques pour les organisations du monde entier, qui offre des conseils pratiques aux entreprises afin qu'elles puissent améliorer le bien-être de leurs employés tout en s'efforçant de satisfaire les besoins de l'entreprise, un résultat gagnant-gagnant".

Mais la Confédération européenne des syndicats (CES) a fait part de ses préoccupations quant à la ‘primauté des normes internationales’ dans l'UE. Selon Isabelle Schömann, secrétaire confédérale de la CES chargée de la normalisation, il n'existe aucune "garantie que les normes ISO sont conformes aux valeurs et aux droits de l'UE, ni qu'elles prévoient un rôle quelconque pour les syndicats et les parties prenantes de la société dans la normalisation, comme c'est le cas au niveau européen. Tant que l'ISO n'aborde pas ces questions de manière approfondie, l'UE devrait revoir sa position quant à l'application d'un tel concept de primauté des normes internationales".

Plus généralement, la CES rappelle que la normalisation n'est pas la panacée et que la législation ou les conventions collectives permettent de mieux traiter certaines questions. Depuis le premier confinement, la CES en appelle à l'adoption d'une directive consacrée spécifiquement aux risques psychosociaux . Une telle directive contribuerait à lutter contre l'augmentation du stress qui touche tous les lieux de travail et elle constituerait un progrès considérable pour les personnes travaillant à domicile, qui sont exposées principalement à des risques de nature psychosociale.