Les syndicats existent depuis longtemps dans le domaine des arts au Royaume-Uni et de nouveaux continuent d’apparaître. Mais quelles sont les difficultés auxquelles ils se heurtent dans ce secteur bien particulier? Les artistes constituent-ils une classe à part quand il s’agit de militer pour leurs droits professionnels ou trouvent-ils des terrains de lutte communs avec d’autres travailleurs ?

"Si vous travaillez dans l’art, vous êtes très sous-estimé", affirme Zita Holbourne. Artiste plasticienne, autrice, illustratrice, poète et graphiste, mais aussi syndicaliste militante, elle connaît le sujet de l’intérieur. "Les artistes ne sont absolument pas respectés dans le monde. Ils sont supposés vivre d’amour et d’eau fraîche, d’amour de l’art. Mais imaginez un monde sans art : ce serait désespérant."

En qualité de coprésidente nationale du syndicat Artists’ Union England (AUE), Zita a une bonne vue d’ensemble du type de difficultés auxquelles sont confrontés les artistes dans leur vie professionnelle. Comme elle le fait remarquer, "nos membres ne sont pas les artistes millionnaires qui bénéficient d’une renommée internationale". Parmi leurs principales préoccupations, on trouve le non-respect des contrats conclus, les propriétaires peu scrupuleux qui louent très cher des ateliers qui ne satisfont pas aux normes de santé et de sécurité et la difficulté à tirer un revenu décent de leur art. "Beaucoup de jeunes gens créent leurs propres espaces, mais doivent recourir à un travail alimentaire, souvent par le biais de contrats zéro heure, explique-t-elle. Ils sont trop épuisés pour se consacrer à leur pratique artistique." Au cours des dix dernières années d’austérité au Royaume-Uni, elle a observé que l’on attend de plus en plus des artistes qu’ils travaillent gratuitement, au prétexte qu’ils devraient s’estimer heureux d’être vus. Récemment, la rigueur a en effet frappé durement ce secteur. Selon le County Councils Network, le regroupement de conseils de comtés le plus important d’Angleterre, les dépenses consenties par les collectivités locales pour la culture et les arts ont chuté de près de 400 millions de livres (soit 470 millions d’euros) au cours de la décennie écoulée.

Bien qu’il n’ait été certifié qu’en 2016, l’Artists’ Union England vient combler un manque dans le panorama britannique des relations sociales, où aucun syndicat ne représentait jusqu’alors les artistes plasticiens et des arts appliqués. Les adhérents du syndicat ne sont encore que quelques centaines, son personnel se compose exclusivement de bénévoles et ses ressources sont limitées. "C’est la situation de la poule et de l’œuf, décrit Zita, nous avons besoin d’accroître notre base, mais pour cela nous devons payer des permanents." Même lentement, il grossit pourtant, et il a des ambitions: d’abord de se faire reconnaître par les principaux centres culturels et organismes publics qui emploient des artistes afin de négocier des conventions collectives dans ce secteur. Mais dans un domaine aussi précaire, les artistes se montrent parfois frileux à l’heure de faire valoir leur droit du travail. "Beaucoup de nos membres ne veulent pas s’en prendre trop durement [aux employeurs], de peur que leurs opportunités professionnelles ne s’en ressentent. Ils préfèrent user d’une approche plus diplomatique."

Dans le "monde de l’art", les réalités du secteur peuvent définir la manière dont s’organisent les syndicats et notamment les obstacles qu’ils rencontrent. Comme le fait observer Sarah Jaffe, auteur de l’ouvrage Work Won’t Love You Back ("Votre travail ne vous aimera pas en retour", à paraître début 2021), les secteurs créatifs tendent à se mettre à part : "Je trouve incroyable l’expression 'le monde de l’art'. Personne ne parle de son secteur d’activité en employant le terme 'monde'. On ne dit pas 'l’industrie de l’art' ou 'le secteur de l’art', on dit 'le monde de l’art' et vous devez vous estimer chanceux d’en faire partie." Sarah Jaffe relève l’hypocrisie de cette attitude face aux conditions de travail qui font le quotidien de la plupart des artistes. "C’est le message que l’on rencontre souvent dans les mèmes sur Internet: 'choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie'. Alors qu’en fait, c’est plutôt: 'fais ce que tu aimes et tu travailleras tout le temps, généralement sans être payé'. Et si les artistes ne sont pas rémunérés, seuls les riches pourront se permettre d’être artistes. Une telle perspective n’augure rien de bon pour notre société."

“Un cauchemar pour l’organisation syndicale”

Les difficultés et préoccupations de l’Artists’ Union England ne se limitent pas aux arts plastiques. Dans toutes les professions artistiques, les mêmes problèmes ressurgissent toujours: faibles rémunérations, manque de protections sociales et de sécurité de l’emploi, précarité. Le saxophoniste Richard Mulhearn, qui arpente les scènes du pays depuis des années, livre un commentaire sur le secteur de la musique: "C’est un business marrant, mais capricieux." Après une formation en jazz, M. Mulhearn, désormais établi en Écosse, s’est rendu compte qu’il devait exercer une autre activité s’il voulait vivre décemment. Il s’est mis à enseigner et à jouer dans des groupes de "pur divertissement". "Je suis toujours conscient qu’il faut varier les activités pour pouvoir continuer. Mais je suis tout de même fier d’avoir toujours réussi à m’en tenir à la musique." Richard Mulhearn est membre du syndicat Musicians’ Union (MU), dont il salue les conseils juridiques en matière de contrats et les formations aux logiciels de musique.

En fait, tandis que les artistes plasticiens n’ont pas eu de syndicat propre pendant longtemps en Angleterre (en Écosse, il existe un Scottish Artists Union), les autres professionnels de la création sont héritiers d’une riche tradition syndicale à travers tout le Royaume-Uni. Le MU, fort de ses 31000 membres, a négocié des dizaines de conventions collectives pour protéger les droits et les conditions de travail des interprètes. Equity, le syndicat des interprètes et des professionnels du divertissement, compte plus de 47000 adhérents et a engagé des négociations collectives avec d’importants employeurs du secteur, établissant des niveaux de rémunération et des conditions générales de prestation minimums (les "contrats Equity"). Parallèlement, la Writers’ Guild (guilde des écrivains) de Grande-Bretagne, qui rassemble près de 2500 plumes, a négocié des tarifs et des accords pour le théâtre, la télévision, la radio et le cinéma, et la Society of Authors se charge des campagnes, de la défense des intérêts et des négociations pour le compte des 11 000 auteurs qu’elle représente.

On évalue d’abord la force d’un mouvement syndical à son efficacité sur le lieu de travail et au pouvoir de négociation collective qu’il donne aux travailleurs, deux indices qui ne sautent pas aux yeux dans le "monde de l’art". Certes, dans certains secteurs et professions, les artistes ont mené des grèves très efficaces : les États-Unis et la France ont été le théâtre d’exemples édifiants au cours de la décennie écoulée. En 2007-2008, près de douze mille membres de la Writers’ Guild of America se sont mis en grève pendant cent jours dans le cadre d’un litige relatif aux paiements résiduels de la commercialisation en ligne, un arrêt du travail qui s’est traduit par une perte de deux milliards de dollars pour l’économie californienne. Très récemment, en 2019, l’orchestre symphonique de Chicago a connu la grève la plus longue de son histoire (mais pas la première: ces dix dernières années, les villes américaines ont vu se multiplier les grèves d’orchestres). Les musiciens se sont mobilisés contre la modification de leur régime de retraite. En France, dans le contexte de résistance générale au projet de réforme des retraites du président Macron, les danseurs du ballet de l’opéra de Paris se sont mis en grève en décembre dernier pour conserver leur régime de retraite. Dans ces lieux de travail partagés et ces secteurs lucratifs, les artistes peuvent avoir du poids lorsqu’ils font front commun, d’autant plus qu’ils peuvent utiliser leur talent créatif pour susciter l’appui de la population. Les danseuses de l’opéra de Paris ont ainsi chorégraphié leur manifestation sur le parvis du palais Garnier, tandis que les musiciens de l’orchestre symphonique de Chicago ont donné une série de concerts gratuits.

Mais pour beaucoup d’artistes indépendants, notamment parmi les plus jeunes et les moins installés, qui mettent toute leur énergie et leurs ressources dans leur travail créatif, l’engagement au sein d’un syndicat et ses avantages ne sont pas toujours évidents. D’abord l’adhésion a un coût. À de rares exceptions près, les artistes travaillent et vivent avec un budget serré. Alice Roots, de la compagnie Figs in Wigs, basée à Londres,commence à peine à gagner suffisamment d’argent pour n’avoir pas besoin d’un revenu complémentaire, après près d’une décennie d’activité. Comme elle et les autres comédiennes de la troupe créent leur propre matériel, elles doivent également tenir compte du temps considérable passé à demander les financements qui permettront à leurs projets de voir le jour. "Tout est pour partie commandé et pour partie financé par des aides à la création", explique-t-elle. De plus, les artistes ne bénéficient pas d’une protection sociale spécifique au Royaume-Uni, à la différence des artistes indépendants français, à qui le régime de l’intermittence assure un certain soutien financier pendant les périodes où ils ne sont pas en représentation (lire l’article p.39). Depuis des années, et bien qu’elle applique les tarifs fixés par Equity, Alice Roots n’a pas les moyens de s’acquitter de la cotisation d’adhésion.

Zita Holbourne a identifié les mêmes problèmes pour les membres de l’Artists’ Union England (AUE): "Beaucoup d’artistes n’ont tout simplement pas les moyens de payer régulièrement la cotisation." Elle ajoute que les syndicats sont traditionnellement défiants à l’égard des adhérents inconstants, mais que l’AUE est bien consciente qu’il s’agit pourtant d’une réalité de ce secteur. En outre, certains artistes qui travaillent dans différents types de disciplines peuvent se retrouver à mi-chemin entre plusieurs syndicats, sans que leur appartenance leur paraisse évidente. C’est pourquoi l’AUE a élargi ses critères d’adhésion pour intégrer les travailleurs de l’image animée et du son. Entre également en ligne de compte la nature largement informelle de nombreux marchés du travail artistiques, notamment dans le secteur du spectacle vivant : par exemple, les musiciens sont souvent payés en espèces de la main à la main après un concert dans une petite salle. "Je n’ai jamais signé de papier", affirme Thomas McConnell, musicien et leader du groupe Novelty Island, qui précise même qu’il ne sait généralement pas à combien s’élève la commission qui revient à son agent.

"C’est un cauchemar pour l’organisation syndicale", commente Charles Umney, maître de conférence en relations de travail et d’emploi à l’université de Leeds et spécialisé dans les marchés du travail artistique. Et les problèmes n’ont pas uniquement trait à la précarité des travailleurs, qui concerne aujourd’hui de nombreux secteurs. "Certains disent que l’économie du spectacle vivant est calquée sur celle de la musique. Mais il y a beaucoup de choses qui sont très spécifiques à l’art." Certaines difficultés sont en fait dues à l’attitude même des artistes. Umney, qui a étudié le potentiel d’organisation parmi les musiciens de jazz, a constaté lors de ses entretiens que le sens que certains artistes attribuaient à leur travail les conduisait à accepter des conditions de travail médiocres ou à s’y résoudre, ce qui sapait la légitimité du syndicat. L’investissement créatif des artistes dans leur travail et l’objectif de nombre d’entre eux de faire reconnaître leur mérite personnel peuvent les conduire à se considérer individuellement comme un "travailleur" parmi de nombreux autres, une conception qui peut constituer un autre obstacle, interne lui, à l’organisation syndicale.

Le meilleur des mondes

Toutefois, et en dépit des nombreux obstacles, les syndicats ont remporté des victoires indéniables dans le secteur artistique, qu’il s’agisse de reconnaissance, de fixation de normes, de négociation d’accords de branche et d’un effort considérable de sensibilisation et de défense des droits de leurs membres. Mais l’ère numérique a apporté son lot de nouveaux écueils, ou en a recyclé de vieux. Un exemple parmi d’autres dans le secteur de la musique live : celui des agents, qui selon Charles Umney "jouent traditionnellement un rôle exclusif de gardien, recherchant des dates et négociant les conditions de travail pour le compte des musiciens tout en engageant des négociations collectives aux côtés du MU (Musicians’ Union) pour fixer des taux de commission". Mais l’arrivée des agences en ligne à fait émerger une nouvelle tendance. Les musiciens payent pour s’y inscrire et se font mettre en relation avec des clients, "comme sur le site d’un comparateur de prix", décrit Umney. "Leur modèle économique est celui d’un service à un consommateur, pas celui de la représentation d’un artiste." Selon Umney, bien qu’elles soient moins développées dans ce secteur que dans d’autres domaines plus numérisés de l’économie comme la livraison de repas et le transport, où les processus sont encore plus automatisés et les données plus sophistiquées, ces plateformes révèlent néanmoins la manière dont les évolutions techniques peuvent transformer la relation entre l’artiste et son client. C’est là l’un des nombreux casse-têtes auxquels sont confrontés les musiciens et leurs syndicats à l’ère numérique, l’autre grand sujet étant le droit d’auTeur. Le MU a activement soutenu la directive européenne sur les droits d’auteur entrée en vigueur en juin 2019 parce qu’elle renforçait les droits des musiciens dans le cadre de la cession de licence pour l’utilisation de leur travail et la rétribution de sa commercialisation, notamment sur des plateformes numériques comme YouTube. La conservation de ces droits à l’issue du Brexit sera donc une question importante, tout comme la possibilité de faire des tournées à travers l’Europe ou encore d’entamer des coopérations culturelles internationales, un sujet sur lequel se sont mobilisés les partenaires sociaux européens du Comité du dialogue social sectoriel sur le spectacle vivant en janvier 2020.

Les écrivains et leurs syndicats sont également aux prises avec les effets des évolutions technologiques. Si Internet a ouvert de nouvelles possibilités de s’autoéditer, le réseau a aussi donné lieu à d’autres problèmes. Nick Yapp, président du Comité du livre de la Guilde des écrivains (WGGB’s Books Committee) explique que la principale préoccupation du comité est actuellement "d’étudier ces éditeurs indépendants en ligne qui proposent aux auteurs qui ne sont pas représentés par un agent des offres complètes comprenant l’édition, la promotion et la diffusion de leur livre. Bien que nombre d’entre eux soient de bonne foi et proposent des tarifs et des prestations raisonnables, d’autres vont jusqu’à facturer 5500 livres (environ 6600 euros) pour obtenir un ISBN (numéro international normalisé du livre), publier un ouvrage et l’imprimer à cinquante ou cent exemplaires". La guilde des écrivains de Grande-Bretagne mène actuellement une enquête sur ce sujet. Selon Nick Yapp, les mutations d’un secteur peuvent ruiner les efforts d’un syndicat, comme en témoigne la campagne de la WGGB de 1980 en faveur de conditions générales minimales pour leurs membres, négociées avec les principaux éditeurs britanniques: "Après un démarrage laborieux, nous avions obtenu la signature de vingt de ces éditeurs. Mais alors qu’il semblait que la plupart de ceux qui restaient allaient également signer, le prix unique du livre a été abandonné. Il n’était dès lors plus possible de faire accepter l’accord à d’autres." La Society of Authors, qui affirmait en 2017 dans une lettre ouverte aux maisons d’édition qu’"Internet a changé la manière dont nous achetons des livres", se fait également l’écho de préoccupations relatives aux géants du commerce de détail tels qu’Amazon, chez lesquels les exemplaires standard des livres sont mis directement en concurrence avec les exemplaires moins chers vendus par d’autres fournisseurs, qui peuvent provenir de stocks excédentaires et sur lesquels les auteurs perçoivent des droits inférieurs.

La Nouvelle Vague

Si l’individualisme et la prétention à l’exception peuvent être fréquents dans le "monde de l’art", ces attitudes ne sont pas universelles et certains exemples récents d’actions syndicales révèlent les approches collectives mises en œuvre par certains créateurs. L’une des caractéristiques les plus intéressantes de l’Artists’ Union England est d’avoir imposé parmi ses critères d’adhésion celui d’être un artiste "engagé socialement", c’est-à-dire qui travaille non seulement pour lui, mais aussi pour l’ensemble de la société dans laquelle il vit. Ce critère dénote ainsi une approche qui place la conscience sociale et politique au cœur des priorités du militantisme syndical. L’accent ainsi mis sur l’engagement actif pourrait trouver un écho auprès d’un autre syndicat encore plus récent, la branche "travailleurs de la culture et de la création" (Design and Culture Workers) de United Voices of the World (UVW-DCW). L’UVW est un syndicat qui, avec son organisation sœur, Independent Workers of Great Britain (IWGB), a concentré toute son énergie sur la défense des travailleurs précaires, dont beaucoup sont migrants et qui représente, entre autres, les personnels d’entretien, de la restauration, de la sécurité, les architectes et les travailleuses du sexe. L’UVW-DCW est l’émanation d’un groupe autonome d’apprentissage londonien appelé "Evening Class" ("cours du soir") qui a passé quelques années à étudier les conditions de travail des créateurs et a finalement décidé de fonder un syndicat. Celui-ci a tenu sa première réunion en octobre 2019. L’UVW a ainsi pu proposer une structure toute prête et une vision commune.

"Nous voulons redéfinir la manière dont on se représente le travail de création, explique l’un des membres, un concepteur numérique qui préfère rester anonyme pour 'porter la voix collective' du syndicat. Les gens ont l’impression qu’ils devraient être reconnaissants. Cela leur enlève la conscience d’avoir des droits, les dépolitise. Je fais partie d’un syndicat parce que nous avons besoin d’être solidaires et de reconnaître que nos professions nous placent dans un rapport de force très défavorable." Les membres sont issus de différents domaines de la création: artistes, stylistes de mode, programmateurs, professeurs d’art et de design et comédiens. "Nous avons le sentiment que nous partageons les mêmes difficultés, pas seulement entre créateurs, mais aussi avec bien d’autres travailleurs précaires: stages non rémunérés, manque de transparence, heures supplémentaires, stress et syndrome d’épuisement professionnel. Les différentes branches travaillent ensemble, leurs membres assistent aux réunions des autres, par solidarité entre les professions, les secteurs et les personnes qui peuvent avoir chacun une vision propre du sens et de l’objet de leur travail."

Il existe de nombreuses manières pour les artistes et les interprètes de se regrouper : ils collaborent, se soutiennent mutuellement, partagent des idées et créent des collectifs d’artistes, des organisations et des programmes de mentorat individuel. Certains peuvent juste graviter autour de formes alternatives de militantisme. Par sa recherche, Sarah Jaffe a abouti à la conclusion que "les artistes sont souvent très conscients de leurs conditions de travail et de leur précarité, mais leur première réaction est souvent d’en faire de l’art plutôt que de réfléchir à une action collective". Elle ne pense cependant pas que cela signifie que les artistes ne peuvent pas s’organiser, tant s’en faut: "Je pense qu’il est un peu facile de dire que vous ne pouvez favoriser l’organisation de tel ou tel type de travailleurs parce qu’ils sont par nature égoïstes et qu’ils ne s’intéressent pas à l’action collective. La plupart des gens se rendent bien compte qu’ils se font avoir. Ce qui leur manque, c’est la conscience qu’ils peuvent faire quelque chose et des informations sur comment faire." Au Royaume-Uni comme ailleurs, une chose est sûre: les artistes, toutes spécialités confondues, sont des professionnels qui s’organisent et qui ce faisant, ne manquent pas de créativité•.

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