Ce document analyse l’utilisation, par la Commission européenne, des coûts unitaires de main-d’œuvre en tant que mesure de la compétitivité des exportations, en particulier en Europe centrale et orientale. Il montre la faiblesse de l’argumentation de la Commission européenne, selon laquelle une augmentation des salaires supérieure à la productivité mesurée constituerait nécessairement une menace pour la productivité des exportations. Il démontre que la mesure de la productivité enregistrée apparaît faible dans des pays à bas salaires, précisément parce que les salaires y sont bas, et cela alors même que le travail accompli est souvent très similaire ou identique à un travail mieux rémunéré dans des pays à revenus supérieurs.  La conclusion souligne l’existence d’une marge de manœuvre pour des augmentations salariales significatives qui ne porteront pas préjudice à la compétitivité des exportations.