Une étude de l'Institut national de santé publique du Québec, mise en ligne le 1er avril, indique que la concentration d'amiante dans l'air de plusieurs chantiers de construction du Québec est égale ou supérieure aux normes en vigueur dans cette province canadienne.

L'analyse des 3000 prélèvements d'air recueillis sur des sites présentant des risques élevés d'exposition à l'amiante a montré que 43% d'entre eux ont des concentrations qui égalent ou surpassent les limites recommandées dans la province du Québec (1 fibre/ml).

Il faut souligner que la limite d'exposition à l'amiante en milieu de travail au Québec tolère 10 fois plus de fibres aérogènes que d'autres provinces canadiennes, et 100 fois plus que certains pays européens.

Des prélèvements ont également été effectués dans différentes localités du Québec. Ceux-ci n’ont pas permis d’identifier de fibre d’amiante à Montréal et à Québec. Par contre, dans la ville de Thetford Mines, proche de plusieurs mines d’amiante, la concentration moyenne d’amiante dans l’air était 215 fois supérieure à celle obtenue dans l’air extérieur de bâtiments ayant fait l’objet de litiges à propos de l’enlèvement de matériaux contenant de l’amiante sur le territoire américain.

En ce qui concerne les maladies liées à une exposition à l’amiante, l’étude indique que, de 1982 à 2002, 1530 Québécois ont reçu un nouveau diagnostic de mésothéliome de la plèvre et 170 de mésothéliome du péritoine. "Durant cette période d’étude, les taux d’incidence annuels ajustés pour l’âge ont augmenté de façon significative chez les hommes québécois, avec un taux de croissance annuel moyen de 3,6%", précisent les auteurs. À l’échelle régionale, les taux d’incidence du mésothéliome de la plèvre étaient significativement plus élevés chez les hommes et les femmes de la région de Chaudière-Appalaches, territoire au sud-ouest duquel se situent la ville de Thetford et ses mines d’amiante.

Le gouvernement du Québec étudie pour l’instant la possibilité d'offrir une garantie de prêt de 58 millions de dollars canadiens (42 millions d’euros) pour prolonger l'exploitation de la mine Jeffrey, à Asbestos, l'une des dernières mines d'amiante au Canada. Le second syndicat du Québec, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), s’est prononcée en mars dernier contre ce soutien et a même appelé les autres syndicats et le gouvernement à envisager à terme l’abandon de la production et de l’exportation d’amiante.

A la suite de la parution de l’étude de l'Institut national de santé publique, les directeurs de santé publique des 18 régions du Québec ont exprimé dans une lettre ouverte au ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, leur préoccupation concernant les conséquences pour la santé de la présence et de l’usage accrus de l’amiante chrysotile au Québec.

Sources : Institut national de santé publique du Québec, canoe.ca, <i>La Presse Canadienne</i>